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Monoxyde de carbone et poêle à bois : les signes et les bons réflexes
Comment un poêle peut intoxiquer, les signes qui doivent alerter, le détecteur conforme et les réflexes, d'après Santé publique France et Service-Public.
· 7 min de lecture

Le monoxyde de carbone ne se voit pas et ne se sent pas. Un poêle à bois en produit à chaque feu : c’est normal tant que le conduit l’emporte dehors. Le danger commence quand les fumées reviennent dans la pièce. Ce guide explique comment cela arrive avec un poêle, quels signes doivent alerter et que faire, en s’appuyant sur Santé publique France, le ministère de la Santé, l’Anses et Service-Public.
Pourquoi un poêle à bois produit du monoxyde de carbone
Le monoxyde de carbone (CO) naît d’une combustion incomplète. Service-Public le rappelle : sa présence « résulte en effet d’une combustion incomplète, et ce quel que soit le combustible utilisé », bois compris. Même un poêle récent en émet : la notice du Supra Adam affiche un taux de CO de 0,09 % dans les fumées, celle du HWAM 3120 1 050 mg/m³, mesurés à 13 % d’oxygène. Ces valeurs sont faibles, mais elles rappellent que le conduit a un rôle de sécurité : c’est lui qui évacue ce gaz.
Comment le monoxyde de carbone arrive dans la pièce
Le communiqué commun de la Direction générale de la santé, de Santé publique France et de l’Anses (26 novembre 2025) range parmi les principales causes d’intoxication « Les appareils raccordés à un conduit (chaudières, chauffe-eau, poêles ou cheminées) mal entretenus ou mal réglés ». Pour un poêle à bois, les scénarios concrets sont connus :
- un refoulement : le tirage s’inverse, par exemple quand une VMC ou une hotte met la pièce en dépression, et les fumées sortent par la porte ou les joints ;
- un conduit obstrué ou fissuré, que la notice du détecteur Ei208 cite parmi les causes de niveaux élevés de CO, comme les bouches d’aération bouchées ;
- une allure trop réduite : le calepin de chantier PACTE (2017) prévient qu’une utilisation au ralenti « risque de provoquer des sinistres comme des feux de cheminée voire une intoxication au monoxyde de carbone » ;
- un logement mal aéré, que Service-Public place avec le mauvais entretien parmi les causes principales.
Les causes du refoulement et du mauvais tirage sont détaillées dans le thème au quotidien, les règles d’amenée d’air dans le guide sur les normes d’installation d’un poêle à bois.
Combien d’intoxications ?
Les chiffres officiels portent sur tous les appareils, pas sur les seuls poêles à bois :
| Source | Chiffre publié |
|---|---|
| Communiqué DGS, Santé publique France et Anses, 26 novembre 2025 | « environ 3 000 personnes sont accidentellement intoxiquées au monoxyde de carbone, et une centaine en décède » chaque année en France |
| Service-Public, 19 novembre 2024 | environ 1 300 épisodes d’intoxication accidentelle déclarés chaque année aux autorités sanitaires |
| Santé publique France, page « Données » (mise à jour le 13 mai 2020) | « Plus de 75 % des intoxications sont observées en période de chauffe. » |
Aucune des sources consultées ne publie la part des poêles à bois dans ce total. Santé publique France cite d’abord, parmi les sources de monoxyde de carbone dans les habitations, les systèmes de chauffage et de production d’eau chaude.
Les signes qui doivent alerter
Les premiers symptômes ressemblent à ceux d’une maladie banale, ce qui retarde le diagnostic. Santé publique France l’écrit : « Les premiers symptômes et les plus fréquents sont des céphalées, des asthénies, des nausées et vomissements. » Ils peuvent faire penser à tort à une intoxication alimentaire ou à une grippe sans fièvre. Dans les formes graves viennent une perte de connaissance et des troubles neurologiques ou cardiaques pouvant aller jusqu’au coma et au décès.
Le communiqué de novembre 2025 donne la clé : « Ces symptômes doivent alerter, surtout s’ils apparaissent rapidement, en présence d’appareils à combustion, et touchent plusieurs personnes/animaux domestiques simultanément dans un même lieu. » Santé publique France précise que les personnes âgées, les enfants, les femmes enceintes et les personnes atteintes de certaines maladies, comme l’anémie, peuvent réagir différemment.
Le détecteur de monoxyde de carbone : utile, à condition de bien le choisir
Aucun texte lu pour ce guide n’impose un détecteur de CO dans un logement. Service-Public en parle comme d’un choix, avec une mise en garde : la Commission de la sécurité des consommateurs juge le niveau de sécurité des détecteurs « souvent insuffisant ». Sa consigne, telle que la formule Service-Public : « Si vous choisissez d’équiper votre logement d’un détecteur, assurez-vous que celui-ci soit conforme à la norme européenne NF EN 50291 (cette mention doit figurer sur l’emballage du produit). »
Un détecteur conforme réagit selon la concentration et la durée. La notice des Ei207 et Ei208, conformes à la norme EN 50291-1:2018, indique que le voyant rouge clignote au-delà de 43 ppm et que, sans cette pré-alarme, il faudrait environ 72 minutes à ce niveau pour que l’alarme sonne. La notice des Kidde 7CO et 7DCO donne une alarme entre 60 et 90 minutes à 50 ppm, entre 10 et 40 minutes à 100 ppm, et en moins de 3 minutes à 300 ppm.
Où le placer ? C’est la notice du détecteur qui le dit, et deux notices ne disent pas la même chose :
| Point | Notice Ei207 / Ei208 | Notice Kidde 7CO / 7DCO |
|---|---|---|
| Distance à l’appareil à combustion | 1 à 3 m à l’horizontale | plus de 2 m, idéalement 4 m au plus |
| Pose murale | plus haut que les portes et fenêtres, à au moins 15 cm du plafond | à hauteur des yeux, environ 1,50 m, à au moins 30 cm du plafond |
| Pose au plafond | à au moins 30 cm de tout mur ou luminaire | non détaillée dans l’extrait lu |
| Pièces à équiper en priorité | pièce de l’appareil, pièces de vie, chambres | au moins un par étage, audible depuis les chambres |
Les deux notices écartent les emplacements près d’une porte, d’une fenêtre ou d’une bouche d’aération, où les courants d’air faussent la mesure. La notice Ei demande de contrôler le détecteur chaque mois avec son bouton et de le remplacer à la date indiquée. Après une alarme, elle demande de ne pas réutiliser les appareils à combustion avant qu’un professionnel les ait vérifiés.
Ne confondez pas les alarmes. Service-Public rappelle que face à un détecteur de fumée on reste chez soi, portes calfeutrées, alors que face à un détecteur de CO on ouvre les fenêtres et on sort.
Prévenir : entretien, aération, bons usages
La prévention tient en quelques gestes répétés par toutes les autorités sanitaires :
- faire ramoner le conduit et entretenir l’appareil par un professionnel qualifié, chaque année et avant toute remise en route ; l’Anses cite nommément les poêles à bois et à granulés parmi les installations à faire vérifier avant les premiers froids ; les obligations sont détaillées dans le guide sur le ramonage obligatoire ;
- aérer au moins dix minutes par jour, même par temps froid, selon Santé publique France ;
- ne jamais boucher les entrées d’air ni les bouches de ventilation, et garder la VMC en état de marche ;
- éviter le ralenti prolongé, qui encrasse le conduit.
Si un détecteur se déclenche, le calepin PACTE demande à l’installateur de conseiller au client de faire venir rapidement la société d’entretien.
Sources
Consultées le 30 septembre 2026.
- Direction générale de la santé, Santé publique France et Anses, communiqué « Intoxications au monoxyde de carbone. Adopter les bons gestes peut sauver des vies », 26 novembre 2025, santepubliquefrance.fr.
- Santé publique France, dossier « Monoxyde de carbone », pages « Données », « Quels sont les signes d’une intoxication au monoxyde de carbone ? » et « Comment réduire le risque d’intoxication au monoxyde de carbone ? », mises à jour le 13 mai 2020.
- Service-Public, « Chaudière, poêle, chauffe-eau… : attention aux intoxications au monoxyde de carbone ! », 19 novembre 2024.
- Anses, « Watch out for carbon monoxide poisoning from your heating systems », 10 novembre 2022.
- Programme PACTE, « Calepin de chantier : appareils de chauffage divisé à bûches », novembre 2017, pages 59 et 60.
- Ei Electronics, mode d’emploi des détecteurs de monoxyde de carbone Ei207 / Ei208 (B17375-R6) et fiche technique Ei208 RevM01, 1er septembre 2021.
- Kidde, notice des détecteurs de monoxyde de carbone 7CO et 7DCO (EN 50291-1:2010).
- Supra, notice des poêles Adam, Adam Bûcher et Stina, édition 01/23 ; HWAM, manuel d’utilisation 3120 et 3130, 01.08.2022 (émissions de CO).
Vos questions
Un poêle à bois peut-il provoquer une intoxication au monoxyde de carbone ?
Oui. Toute combustion incomplète produit du monoxyde de carbone, et le communiqué de Santé publique France, de la Direction générale de la santé et de l'Anses (novembre 2025) cite parmi les causes principales les poêles et cheminées mal entretenus ou mal réglés.
Quels sont les premiers signes d'une intoxication ?
Maux de tête, grande fatigue, nausées, vomissements ou vertiges, selon ce communiqué. Ils doivent alerter s'ils apparaissent vite, près d'un appareil à combustion, et touchent plusieurs personnes ou animaux en même temps.
Le détecteur de monoxyde de carbone est-il obligatoire ?
Aucun texte lu pour ce guide ne l'impose dans un logement. Service-Public le présente comme un choix et demande, si vous en installez un, qu'il soit conforme à la norme NF EN 50291, mentionnée sur l'emballage.
Que faire si le détecteur de CO sonne ?
Aérez en ouvrant portes et fenêtres, arrêtez les appareils à combustion si possible, sortez, puis appelez le 15, le 18 ou le 112 si quelqu'un a des symptômes. C'est l'inverse d'une alarme de détecteur de fumée, où l'on reste à l'abri en attendant les secours.


