Comparer · Bûches et granulés
Meilleur bois de chauffage : chêne, hêtre, charme ou résineux ?
À masse et humidité égales, les essences se valent presque ; au stère, les feuillus durs l'emportent. Les chiffres sourcés, et le bois à ne jamais brûler.
· 8 min de lecture

« Le chêne, c’est ce qui chauffe le mieux » : la phrase est à moitié vraie. Tout dépend de ce que l’on compare, un stère ou un kilo, et à quelle humidité. Ce guide met côte à côte les chiffres publiés par les organismes du bois énergie, avec leur base de calcul, pour que vous sachiez ce que vaut vraiment une essence. Il se termine par ce qu’aucun poêle ne doit brûler.
Au kilo, les essences se valent presque
Le pouvoir calorifique inférieur (PCI) mesure l’énergie qu’on récupère en brûlant un kilo de bois, l’eau qu’il contient partant en vapeur. Rapporté à la masse, il varie très peu d’une essence à l’autre. Le Centre national de la propriété forestière (CNPF) le dit dans sa fiche n° 133 : à même masse et même taux d’humidité, « la capacité du bois à produire de l’énergie (pouvoir calorifique inférieur en kWh/t) varie peu entre les essences, même si on note un léger avantage aux résineux ».
Le Comité interprofessionnel du bois énergie (CIBE) retient deux valeurs pour le bois parfaitement sec, dit anhydre : 5 000 kWh par tonne pour les feuillus et 5 300 kWh par tonne pour les résineux. Il ajoute que les écarts entre essences sont inférieurs à l’incertitude des mesures. Le Mémento FCBA 2024-2025 ne donne d’ailleurs qu’une valeur pour tout le bois : 5,06 MWh par tonne anhydre.
Ce qui fait chuter le PCI, c’est l’eau. Le Mémento du bois énergie de l’ITEBE (2004, mis en ligne par le CIBE) donne, pour chaque essence, le PCI selon l’humidité mesurée sur masse brute :
| Essence | PCI à 20 % d’humidité sur brut (kWh/t) | PCI à 40 % d’humidité sur brut (kWh/t) |
|---|---|---|
| Chêne | 3 824 | 2 718 |
| Charme | 3 720 | 2 640 |
| Hêtre | 3 776 | 2 682 |
| Frêne | 3 832 | 2 724 |
| Bouleau | 3 880 | 2 760 |
| Châtaignier | 4 040 | 2 880 |
| Épicéa | 4 040 | 2 880 |
| Pin sylvestre | 4 120 | 2 940 |
Entre le chêne et le pin sylvestre, l’écart est d’environ 8 % à 20 % d’humidité, et il joue en faveur du résineux. Entre un chêne à 20 % et le même chêne à 40 %, l’écart atteint 29 %.
Au stère, les feuillus durs l’emportent
On n’achète pas le bois au kilo, mais au volume. Et un mètre cube de chêne pèse bien plus lourd qu’un mètre cube d’épicéa. L’ITEBE le résume : « Ce qui va faire que les bois durs sont plus énergétiques n’est pas leur pouvoir calorifique, mais leur masse volumique. » La notice des poêles HWAM tient le même raisonnement : il faut un volume d’épicéa plus important pour obtenir la chaleur d’un volume de hêtre, parce que le hêtre pèse davantage au mètre cube.
Les masses volumiques publiées ne sont pas toutes données à la même humidité. Il faut le savoir avant de les comparer :
| Essence | Masse volumique moyenne à 12 % d’humidité (Mémento FCBA) | Fourchette sans humidité précisée (Mémento ITEBE) |
|---|---|---|
| Chêne | 720 kg/m³ | 550 à 900 kg/m³ |
| Charme | non donnée | 800 à 900 kg/m³ |
| Hêtre | 670 kg/m³ | 690 à 910 kg/m³ |
| Frêne | non donnée | 630 à 1 000 kg/m³ |
| Bouleau | non donnée | 600 à 630 kg/m³ |
| Châtaignier | 540 kg/m³ | 550 à 740 kg/m³ |
| Pin sylvestre | 555 kg/m³ | 480 à 890 kg/m³ |
| Épicéa | 440 kg/m³ | 340 à 580 kg/m³ |
Le même Mémento ITEBE traduit ces écarts en énergie par stère, pour quatre essences :
| Essence | Poids d’un stère à 20 % d’humidité | Énergie d’un stère à 20 % d’humidité |
|---|---|---|
| Chêne | 514 kg | 1 965 kWh |
| Hêtre | 488 kg | 1 843 kWh |
| Pin | 392 kg | 1 584 kWh |
| Épicéa | 316 kg | 1 277 kWh |
Un stère de chêne apporte donc environ 54 % d’énergie de plus qu’un stère d’épicéa. Le CNPF situe de son côté l’énergie d’un stère de bois sec entre 1 500 et 2 000 kWh selon l’essence. Pour convertir stères, mètres cubes et longueurs de bûches, voyez le guide sur le stère de bois.
Essence par essence
Chêne. Le plus dense des bois courants au Mémento FCBA. Il sèche lentement : la notice du poêle Invicta Sedan M demande un minimum de 2 ans de coupe pour le hêtre et le charme, et 5 ans pour le chêne.
Charme et hêtre. Denses, ils figurent avec le chêne, le frêne et l’érable dans le « Groupe 1 », le seul admis par la certification NF Bois de chauffage (prescriptions techniques NF 444, révision de février 2019). L’ADEME les cite parmi les feuillus denses à privilégier.
Frêne. Même groupe NF, même recommandation de l’ADEME. Sa fourchette de masse volumique, très large dans le Mémento ITEBE, montre qu’un frêne peut être aussi dense qu’un chêne.
Bouleau. C’est l’essence qui divise le plus. La notice Supra le range parmi les feuillus durs à préférer, alors que le CNPF le classe parmi les essences à faible densité et que le mémento de conversion de l’AJENA (2008) en fait un bois tendre. La certification NF ne le tolère qu’à 4 % d’une livraison, au titre des « feuillus divers ».
Châtaignier. L’ADEME le cite parmi les feuillus denses, mais le Mémento FCBA lui donne 540 kg/m³ à 12 %, moins que le pin sylvestre. La certification NF le classe aussi parmi les feuillus divers.
Résineux. Leur PCI au kilo est le meilleur, leur énergie au stère la plus faible. Leur usage fait débat :
| Source | Position sur les résineux |
|---|---|
| ADEME, guide d’usage (2019) | « plutôt réservées à l’allumage », avec les feuillus tendres |
| Notice Supra Adam (01/23) | « Proscrire absolument les résineux (pin, sapin…) en usage permanent » |
| Notice Invicta Sedan M (10/2025) | sapin et résineux interdits |
| Notice HWAM 3120 (08/2022) | conifères utilisables, plutôt pour allumer |
| Certification NF Bois de chauffage (2019) | exclus |
Deux points à retenir. Aucune de ces sources n’est une règle nationale : c’est la notice de votre poêle qui décide. Et la certification NF a supprimé de son référentiel le paragraphe sur le PCI, qui « n’est pas une caractéristique certifiée » : un bois certifié garantit l’essence, l’humidité, la longueur des bûches et le volume livré, pas une quantité d’énergie.
L’humidité compte plus que l’essence
Le meilleur chêne, s’il est humide, chauffe moins qu’un hêtre sec. L’ADEME chiffre la perte à environ 25 % de rendement pour des bûches à 40 % d’humidité par rapport à des bûches à 20 %. Les seuils conseillés varient d’une source à l’autre, de 12 à 23 % : le guide pour allumer un poêle à bois les compare. La certification NF n’admet que du bois à 20 % au plus sur masse humide.
Ce qu’il ne faut jamais brûler
Les notices sont unanimes sur le principe, et précises sur la liste. Celle des poêles HWAM interdit : « imprimés • aggloméré • matières plastiques • caoutchouc • combustibles liquides • déchets tels que cartons de lait • bois vernis, peint ou imprégné ». Elle précise que ces matériaux dégagent en brûlant des matières nuisibles à la santé et à l’environnement, et que leur usage entraîne une perte de garantie.
Les autres fabricants disent la même chose avec leurs mots. La notice Aduro 1 : « Il est interdit de brûler du bois verni, imprégné, des copeaux, du papier et tout autre déchet. » La notice Supra Adam proscrit les bois de récupération traités, comme les traverses de chemin de fer ou les chutes de menuiserie, ainsi que les déchets domestiques. Le calepin de chantier PACTE demande à l’installateur de rappeler au client de ne pas brûler de bois peints ou traités. L’ADEME explique pourquoi : ces bois dégagent des substances toxiques, dont des dioxines, ou corrosives, et encrassent l’appareil.
Le Mémento ITEBE classe les bois agglomérés et les meubles parmi les bois ayant reçu un traitement ou un ajout chimique, colles et peintures comprises. Une palette ou une cagette brute n’a pas toujours été traitée, mais rien ne permet de le vérifier à l’œil : dans le doute, ne la brûlez pas.
Sources
Consultées le 30 septembre 2026.
- CNPF, fiche technique n° 133 « Les unités de mesure du bois-énergie » (non datée).
- CIBE, Mémento aquitain du bois énergie, synthèse n° 6 « Les unités du bois-énergie », version du 16 octobre 2013.
- ITEBE, « Mémento 2004 du bois-énergie », hébergé par le CIBE, pages 8 et 9 et glossaire.
- AJENA, « Mémento de conversion des unités de volume de bois-énergie », mars 2008, hébergé par le CIBE.
- FCBA, Mémento 2024-2025, pages « Caractérisation des essences » et « Coefficients de conversion d’unités énergétiques ».
- FCBA et AFNOR Certification, « NF Biocombustibles solides, bois de chauffage, prescriptions techniques », NF 444, DQ CERT 18-352, révision 5 approuvée le 04/02/2019.
- ADEME, « Le chauffage au bois, mode d’emploi au quotidien », édition octobre 2019.
- Programme PACTE, « Calepin de chantier : appareils de chauffage divisé à bûches », novembre 2017.
- HWAM, manuel d’utilisation 3120 et 3130 (version SmartControl), 01.08.2022, « Guide de chauffage ».
- Supra, notice d’installation et d’utilisation des poêles Adam, Adam Bûcher et Stina, édition 01/23.
- Invicta, notice du poêle Sedan M (P916044), 02/10/2025.
- Aduro, instructions pour l’emploi Aduro 1 / Aduro 1SK (notice non datée).
Vos questions
Quel est le meilleur bois de chauffage ?
Au volume, les feuillus durs et denses : chêne, charme, hêtre, frêne. C'est le groupe que retient la certification NF Bois de chauffage. Au kilo et à humidité égale, en revanche, toutes les essences donnent presque la même énergie.
Le chêne chauffe-t-il plus que le sapin ?
Au stère, oui : à 20 % d'humidité, le Mémento de l'ITEBE donne environ 1 965 kWh pour un stère de chêne contre 1 277 kWh pour un stère d'épicéa. Au kilo, c'est l'inverse : les résineux ont un pouvoir calorifique légèrement supérieur.
Peut-on brûler des résineux dans un poêle à bois ?
Les notices se contredisent. HWAM les accepte, Supra les proscrit en usage permanent et Invicta les interdit sur le Sedan M. L'ADEME les réserve plutôt à l'allumage. Suivez la notice de votre appareil.
Peut-on brûler des palettes ou du bois de récupération ?
Pas s'il est traité, peint, verni ou aggloméré : les notices de poêles l'interdisent, de HWAM à Aduro, et l'ADEME rappelle que ces bois dégagent des substances toxiques en brûlant.


